
Une équité linguistique parfaite peut être interprétée comme le droit pour tout individu d’utiliser sa langue préférée en toute circonstance sociale. Cet idéal se heurte toutefois au monde réel, et du fait des coûts et autres raisons administratives, on doit limiter les droits linguistiques en deçà de l’idéal. En principe on peut estimer quelle valeur chaque individu donne au fait de posséder un certain droit pour sa langue, additionner toutes ces estimations et comparer la somme des estimations individuelles aux coûts que représente pour la société la mise en œuvre de ce droit. Un droit sera alors accepté si sa valeur estimée excède les coûts.
Normalement, les coûts sont faciles à calculer. Les coûts par personne diminuent si le nombre de bénéficiaires du droit augmente. De ce fait, une règle optimale pour les droits linguistiques conduit à ce que l’on appelle le « nombre critique » de bénéficiaires. La définition de la valeur est beaucoup plus difficile. On peut prendre comme point de départ la somme des estimations individuelles et l’ajuster. De tels ajustements sont nécessaires par exemple si un droit élève le statut de la langue, rendant ainsi la dépense plus acceptable, ou si un droit accroît le nombre d’utilisateurs de la langue dans les générations futures. Ces ajustements augmentent la valeur relativement à l’estimation individuelle, et du fait de cette augmentation de l’estimation, on obtiendra davantage de droits.
Si l’égalité en soi porte une valeur sociale, les inconvénients pour les membres d’une minorité privée de droits pour sa langue doivent être considérés comme un coût social. Un tel coût doit être comparé aux coûts de mise en œuvre des droits. Plus l’égalité est considérée comme importante, plus on doit avoir de droits. La mise en œuvre légale de droits linguistiques requiert des règles pas trop compliquées, car l’administration de règles complexes signifie des coûts élevés. Il faut donc trouver des règles et des catégories simples.
La structure géographique de l’état a aussi une importance, et on peut analyser des structures fédérales différentes et trouver une structure optimale selon les lieux d’habitation des utilisateurs de différentes langues. En manipulant la structure fédérale, les membres de la majorité peuvent faire en sorte de discriminer la minorité. Il convient de trouver des règles pour les droits linguistiques qui minimisent les possibilités de discrimination par la manipulation des structures.
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