
Les termes « plurilinguisme » et « multilinguisme » sont certes généralement employés de manière synonyme, mais il est possible de les distinguer. C’est en outre ce que fait le Conseil de l’Europe dans son Cadre européen commun de référence pour les langues, bien que la différence entre les deux concepts y demeure floue (CdE 2007 [2001]: 12). En quelques mots, le multilinguisme se réfère à des groupes de personnes, des communautés linguistiques et des organisations et implique l’emploi de plus d’une langue au sein de ceux-ci, tandis que le plurilinguisme décrit la connaissance de plus d’une langue chez un même individu en mettant l’accent sur la relation entre les différentes langues de son propre répertoire linguistique (cf. Berthele 2010).
Cette communication dans le cadre du « Café scientifique » est basée sur ces définitions et aborde plus précisément leur distinction terminologique dans une optique de diversité linguistique. Tel que le démontrent les exemples de pays comme le Canada et le Luxembourg, il apparaît essentiel que les politiques éducatives se centrent sur un élargissement généralisé du répertoire plurilingue individuel afin de renforcer la diversité linguistique. Il importe à cette fin de rendre plurilingues des structures sociales « seulement » multilingues et de valoriser, dans ce sens, les compétences plurilingues au sein d’institutions et d’organisations à différents niveaux.
Nous espérons que cette présentation conscientisera un public espérantiste, probablement déjà en majeure partie sensible aux questions d’égalité et de politique linguistiques, quant à l’importance de distinguer plurilinguisme et multilinguisme et du rôle d’une telle distinction dans le renforcement de la diversité linguistique à l’échelle mondiale.